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Au chapitre des destructions par le feu, celle des livres impies occupe une place à part, même si, comme le disait Heinrich Heine, « Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. »
En 1497 Jérôme Savonarole, dominicain et prédicateur florentin, appelle les fidèles à venir brûler en place publique tous les effets qui les détournent du droit chemin : miroirs, cosmétiques, beaux atours, livres et œuvres d'art licencieux, jeux, instruments de musique... Son influence est telle que Sandro Botticelli livre en personne ses peintures de nus aux flammes expiatrices ! Puis les florentins, lassés de ce rigorisme contre nature, rouvrent les tavernes et reprennent leurs paris. Accusé d'hérésie, Savonarole est alors condamné par l'Inquisition à être pendu puis brûlé, juste retour des choses !
L'autodafé (l'acte de foi, en portugais), vieux comme le livre, vise à effacer toute trace de l'intelligence honnie, à empêcher les générations futures d'accéder à une connaissance considérée comme néfaste : dans cette scène de Fahrenheit 451, un des pompiers pyromanes croque dans une pomme que son supérieur fait valdinguer, signifiant au spectateur que c'est le savoir même qui est proscrit.
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