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Quoique fondée par Pierre le Grand, c'est à l'apôtre Pierre que le nom de la ville est dédié. Dans une zone marécageuse longtemps disputée aux suédois, dans le delta de la Neva, le tsar fait bâtir la forteresse Pierre-et-Paul en 1703. 3 ans plus tard il décide d'en faire sa nouvelle capitale, parce que c'est un port sur la Baltique le plus souvent libre des glaces et relié au pays par des canaux. Son but est de tourner la Russie vers l'Europe pour la moderniser.
Dès lors, le tsar enrôle de force des dizaines de milliers de serfs pour construire la ville dans des conditions épouvantables. Pierre veut une ville de pierre, à l'européenne, par opposition à la construction en bois, classique en Russie. Pour cela, il interdit de construire en pierre dans tout l'empire, afin d'employer tous les maçons du pays à son projet. Les églises devront avoir des clochers et non les bulbes typiques des églises orthodoxes.
Dès 1712, les principales institutions du pays sont transférées à Saint-Petersbourg. Le tsar contraint les familles nobles à y emménager dans des résidences conformes au style de la ville, construites à leurs frais. En 1714, 50 000 logements sont déjà occupés. Au cours du XVIIIème siècle, les tsarines Elisabeth et Catherine II poursuivent l'œuvre de Pierre le Grand (Palais d'Hiver, perspective Nevski...) et la ville devient le centre intellectuel du pays. Les canaux, les larges avenues, l'unité architecturale des constructions du centre ville lui confèrent un aspect majestueux. De nombreux paysans affamés s'y réfugient suite à la réforme agraire : tout au long du XIXème siècle, de multiples émeutes y éclatent. La révolution de 1905 suivie de celle de 1917, mène à l'avènement du bolchevisme : Saint-Petersbourg perd son statut de capitale et est rebaptisée Petrograd, puis Leningrad à la mort de Lénine. Ce n'est qu'en 1991 que Saint-Petersbourg retrouve son nom.
Fondées pour asseoir le pouvoir comme Teotihuacan ou pour porter un projet politico-religieux comme les premières cités nord-américaines, la ville est également outil de développement de la puissance économique. Désormais, le projet économique préexiste à certaines fondations, comme c'est le cas de Saint-Petersbourg.
La Néva s'est vêtue de granit
Et des ponts surplombent ses eaux
et ses îles se sont couvertes
de parcs à la sombre verdure
et l'ancienne Moscou a perdu son éclat
devant la jeune capitale
comme l'auguste douairière
le cède à l'épouse du tsar.
Je t'aime, ville, œuvre de Pierre
j'aime ta sévère harmonie,
le cours majestueux du fleuve,
le granit qui revêt ses rives,
l'entrelacs des grilles de fonte,
la claire pénombre sans lune
de ces nuits porteuses de rêves
où, sans allumer ma lampe
dans ma chambre je lis, j'écris,
où je vois clairement les masses endormies
des rues vides et, scintillant là-haut
la flèche d'or sommant l'Amirauté;
où, sans laisser l'ombre nocturne
s'attarder sur les cieux dorés,
un crépuscule chasse l'autre,
laissant moins d'une heure à la nuit.
Extrait du « Cavalier de bronze » poème d'Alexandre Pouchkine, 1833.
Edifiée au début du XVIIIe siècle dans une région marécageuse sur des pilotis (les petersbourgeois disent sur les squelettes des ouvriers qui l'ont construite) de par la volonté d'un homme, le tsar Pierre le Grand, Saint-Petersbourg offre à la Russie un port sur la Baltique, instaurant de nouvelles relations commerciales avec l'Europe.
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De Bhatti Soeur le 03/08/2010 à 11:24 - extrait de "le roman de St Petersbourg" de Vladimir Fédorovski
A propos de la fondation de Saint Petersbourg, il écrit :
"Le sol était si spongieux que les hommes devaient apporter de loin, dans des sacs, la terre nécessaire aux fondations. Comme il n'y avait pas de pierres aux environs, les capitaines de tous les bateaux du lac Ladoga et les conducteurs de tous les chars livrant à Saint Petersbourg des marchandises quelconques avaient ordre de transporter un poids de pierres fixé d'avance et de les mettre à la disposition du commissaire général des constructions. La plupart des immeubles furent élevés sur pilotis. Pour assécher les marécages, on creusa des canaux qui partaient du fleuve eti y retournaient. Quarante mille ouvriers furent employés de force à cette tâche surhumaine. L'encombrement des travailleurs étaient tel qu'ils manquaient de logement et de nourriture. Les moins robustes mouraient, faute de soin.D'autres arrivaient par convois, des confins de l'Empire.
(... ) Un oukase prescrivit à trois cent cinquante familles nobles et à autant de familles de marchands et d'artisans d'élire domicile à Saint Petersbourg et d'y bâtir leurs maisons d'après des plans déjà tracés et qui avaient reçu l'approbation du tsar. Lui-même s'y installa, dès 1703, dans une demeure modeste, en attendant l'achèvement du palais de Peterhof.
(... ) Comme le souligne Brodsky, ce souverain charpentier et navigateur aurait pu n'utiliser qu'une règle pour dessiner sa ville : "L'espace qui se déroulait devant lui était absolument plat, horizontal, et il avait toutes les raisons de le considérer comme une carte où la ligne droite suffisait. Si l'on trouve une courbe dans cette ville, ce n'est pas qu'elle eût été spécialement voulue, mais bien parce que Pierre était un piètre dessinateur dont le doigt glissait parfois sur le bord de la règle, entraînant le crayon dans son dérapage."