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.Le Bain

Le bain dans la mythologie

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Suzanne et les vieillards

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Les bains latins

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Le bain médiéval

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La toilette sèche

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La baignoire de Louis XIV

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Le retour en grâce du bain

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Un esprit sain dans un corps sain

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Le lent apprentissage de l'hygiène

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Le tube de toilette

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Le bain est un plaisir

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Les étuves médiévales

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Le jardin des délices

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Couvrez ce sein que je ne saurais voir

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Sous la chape morale, les plaisirs

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A l'avant-garde de la libération des mœurs

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Le « nu au bain » devient réaliste

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La dolce vita

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Le suicide de Sénèque ou le bain fatal

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L'assassinat de Marat

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Entre ici Jean Moulin !

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Les maîtres du mystère

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Le « nu au bain » devient réaliste

A la fin du XIXème siècle, la société devient plus permissive.
On peint le nu pour le nu, que l'on met en situation.
Et c'est dans son « tub » que l'on est nu.
Edgar Degas en fait un de ses thèmes favoris.
Pour autant, il est impossible de représenter la femme honnête nue ; il est donc vraisemblable qu'il s'agisse d'une prostituée dans une maison close.

Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou - Edgar Degas
Femme assise sur le rebord d'une baignoire et s'épongeant le cou

Il existe beaucoup de tableaux, de dessins et de pastels de Degas montrant une femme dans sa baignoire, ou assise sur le bord, prenant son bain ou venant de le prendre.
C'est pour lui l'occasion de peindre une anatomie de trois-quart et de dos, de dessiner un nu sans en montrer le visage, et, comme Bonnard après lui, de surprendre sur la peau une lumière par sa réflexion sur l'eau devenue fluctuante.
Mais écoutons Degas, que la postérité classera parmi les plus grands artistes de son temps, mais aussi parmi les hommes misogynes, réactionnaires et misanthropes :
« Jusqu'à présent, le nu avait toujours été représenté dans des poses qui supposent un public. Mais mes femmes sont des gens simples... Je les montre sans coquetterie, à l'état des bêtes qui se nettoient ».

Edgar Degas

Né à Paris en 1834, Edgar Degas (de son vrai nom de Gas) appartient à une riche famille bourgeoise d'origine napolitaine. Il ne commence à étudier la peinture qu'en 1855, après avoir suivi des études classiques.
Mais, attiré par les peintres de la Renaissance, il part en Italie où il voyage de 1856 à 1960 - à Naples, dans sa famille, puis à Rome et Florence où il rencontre Gustave Moreau. Ses œuvres de jeunesse, surtout des portraits de membres de sa famille, sont néoclassiques. Mais l'intérêt de Degas pour des sujets intimistes et scabreux (cabarets, théâtres, bordels), ses compositions inspirées par le cadrage photographique (plongée, contre-plongée), et ses longues conversations avec son ami Manet l'éloignent de ce style. Il fréquente donc, à partir de 1874, les peintres impressionnistes, sans pour autant adhérer à leur théorie sur la lumière (il préfère les lumières artificielles), ni aimer travailler sur le motif (il ne peint que de mémoire).
C'est donc un artiste inclassable, qui cessera de peindre au début des années 90 - il devient presque aveugle -, mais qui continuera de sculpter jusqu'à sa mort en 1917.

© RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski